Détention préventive
L'abolition du "deux pour un"
Principales
modifications et impacts
Ariane Gagnon-Rocque
Le 22 février 2010,
entrait en vigueur la
Loi modifiant le Code
criminel (restriction du temps alloué pour détention sous garde avant
prononcé de la peine)1,
laquelle modifiait radicalement les règles du
Code criminel
régissant la détention provisoire.
2
Auparavant, le paragraphe
719(3) du
Code criminel
accordait aux tribunaux le pouvoir de prendre en compte la détention
provisoire lors de la détermination de la peine. Plutôt laconique, celui-ci
prévoyait que, pour déterminer la peine à infliger à une personne déclarée
coupable d’une infraction, le tribunal pouvait considérer toute période
passée sous garde par suite de l’infraction. Ainsi, le
Code criminel
ne fixait aucun ratio, laissant plutôt au juge chargé du prononcé de la
peine un large pouvoir discrétionnaire.
Au fil du temps, une
pratique judiciaire s’était établie, laquelle consistait à octroyer,
habituellement, un crédit de deux jours pour chaque jour purgé en détention
provisoire.3
En avalisant cette pratique, dans l’arrêt
R.
c. Wust,
la Cour suprême du Canada rappelait son bien-fondé, vu la rigueur des
conditions de détention provisoire découlant de l’absence de programmes dont
bénéficient les détenus, et le fait qu’aucun des mécanismes de réduction de
la peine prévus par la
Loi sur le système
correctionnel et la mise en liberté sous condition
ne s’applique à cette période de détention.
Les modifications
apportées au
Code criminel
par la Loi sur
l’adéquation de la peine et du crime
visent principalement à réduire le crédit
accordé aux détenus ayant purgé une partie de leur peine en détention
provisoire. Ainsi, le nouveau paragraphe 719(3) du
Code criminel
prévoit qu’en l’absence de circonstances exceptionnelles, le tribunal est
tenu de d’accorder un crédit d’une journée pour chaque jour passé sous
garde.
[article complet dans Le Bulletin]
Sources :
Mise à jour
: juin 2010
© Groupe
de défense des droits des détenus de Québec.
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