Chronique Regard
sur le monde
L'incarcération dans les pays du G-8
Faire son temps chez
l'élite mondiale
La face
cache de "La dolce vita"
Tonatiuh Garcia Ramirez
Nous poursuivons notre tour de l'élite
mondiale pour voir comment les porte-étendards de la démocratie et des
droits humains gèrent leurs systèmes correctionnels, c'est-à-dire, les
moyens qu'ils ont mis en place pour corriger les comportements « déviants »
des gens sur leur territoire. Cette fois-ci, nous faisons escale en Italie,
pays de « La dolce vita ».
Ce n'est pas vraiment la
douceur de vivre que l'on retrouve en fouillant un tant soit peu sur la
situation des personnes incarcérées de la péninsule méditerranéenne. Tout
comme son voisin français, elle accuse une forte surpopulation atteignant
plus de 150% de ses capacités. Cela lui vaut le titre des prisons les plus
densément peuplées d’Europe, selon l'Observateur global1. Le site
de nouvelles ajoute que certains détenus n'ont que 2,7 m2 d'espace dans les
cellules à plusieurs prisonniers alors que le Comité européen de prévention
contre la tortue a établi qu'ils devraient avoir 7 m2 par personne2.
Le gouvernement italien a même déclaré en janvier dernier l’état d’urgence
pour l'année en cours. Lors de cette annonce, le gouvernement Berlusconi a
aussi fait l'annonce d'un nouveau plan d'action pour les prisons qui prévoit
l'agrandissement des centres de détention, pour atteindre 80000 places, et
l'embauche de 2000 nouveaux agents correctionnels.3
Enfin depuis plus d'une dizaine
d'années, nombre d’organisations décriaient les conditions dégradantes de
vie des personnes incarcérées. On parle entre autres d’une promiscuité qui
dépasse les normes européennes et qui engendre des graves problèmes
d’hygiène. On parle de soins de santé inexistants ou de très mauvaise
qualité. On parle aussi de manque de personnel qui oblige les détenus à
passer des journées entières dans leur cellule, car il n’y a pas de
surveillants. La situation est telle que cela pousse certains condamnés à
perpétuité à exiger le retour de la peine de mort, qu’ils jugent plus
humaine.4 D’autres ont pris les choses en main et font grimper en
flèche le taux de suicide en prison. On en compte près d’une trentaine
depuis le début de l’année 2010.5
Ceci dit, il y a une situation
particulière dans ce taux de surpopulation italien qui est la
surreprésentation des personnes immigrantes dans ces lieux de détention. En
effet, le ministre de la justice italienne, Angelino Alfano, avait décrété
dès l'an dernier que la surpopulation est seulement due aux nombreux
immigrants illégaux en Italie. En effet, dans un article du journal El Mundo,
le ministre réclame l'intervention de l'Union Européenne pour travailler sur
le problème migratoire, car le tiers de sa population carcérale, 20000
individus, n'a pas de nationalité italienne. 6
Autrement dit, au pays de la République,
le métèque sans papiers est un criminel de fait et est envoyé en prison. En
plus de la prison conventionnelle, le gouvernement a créé des prisons pour
immigrants. Ce qui était au début des Centres de séjour temporaire est
devenu aujourd'hui trois types de centres pour immigrants qui sont en fait
des véritables prisons pour étrangers et les procédures administratives
rallongent inutilement leur incarcération.
Tout d'abord, il y a les Centres
d'identification et d'expulsion, d'où on n'expulse que 40% des détenus; les
Centres de demandeurs d'asile et les Centres d'accueil, qui peuvent gardes
sous les barreaux pendent des mois des gens qui n'ont commis aucun crime.
Ces centres ont fait l'objet de recherches des la part de Médecins sans
frontières qui ont dénoncé les conditions inhumaines dans lesquelles on
garde captif des milliers de gens et les procédures irrégulières qui violent
délibérément la dignité des ces personnes. À titre d'exemple le journaliste,
Fabrizio Gatti, nous informe que même les fourrières ont de meilleures
conditions d'hygiène que ces centres, car elles sont fréquemment inspectées
par des agences d'hygiène.7
La situation italienne est peu
prometteuse en tant que modèle à suivre. Bien qu'il y ait des petits
programmes de réinsertion qui semblent fonctionner, la majorité des
personnes incarcérées sont laissées pour compte et sont plus dangereuses
pour la société après leur passage en prison. De plus, cette persécution
contre les immigrants témoigne d'une société renfermée sur elle-même
incapable d'innover avec l'Autre. La situation ne risque pas vraiment de
s'améliorer alors que le gouvernement tend de plus en plus vers une droite
ultra conservatrice.
Sources :
1.
Prisiones italianas: una verdadera condena, Observador global,
http://observadorglobal.com/prisiones-italianas-una-verdadera-condena-n3688.html
2. Ibid.
3.
Italia declara el estado de emergencia en sus cárceles, El Mundo,
http://www.elmundo.es/elmundo/2010/01/13/internacional/1263402721.html
4.
LUCCHINI, LAURA (2007) 310 presos italianos piden que se les aplique la pena de
muerte, Tortuga, http://www.nodo50.org/tortuga/310-presos-italianos-piden-que-se
5.
Reportan 26 suicidios este año en cárceles italianas, Granma,
http://www.granma.co.cu/2010/05/19/interna/artic06.html
voir aussi Prisons surpeuplées: 22e suicide en cinq mois en
Italie, Le Matin, http://www.lematin.ch/actu/prisons-surpeuplees-22e-suicide-mois-italie-267865
6. Las
cárceles italianas están superpobladas por culpa de los extranjeros, El Mundo,
http://www.elmundo.es/elmundo/2009/08/26/internacional/1251291950.html
7. Médicos Sin Fronteras y los centros para inmigrantes en Italia,
Planeta Latinoamérica,
http://lnx.planetalatinoamerica.com/RivistaOnLine/index.php?option=com_content&view=article&id=367:medicos-sin-fronteras-y-los-centros-para-inmigrantes-en-italia&catid=54:actualidad&Itemid=66
Mise à jour
: juin 2010
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de défense des droits des détenus de Québec.
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