La
criminalité
Un phénomène social et complexe
Par
Suzanne Gravel
Pendant longtemps, l’un des principaux slogans au
système de justice était que « la justice n’a pas de prix ». Force est de
constater que la criminalité coûte très cher économiquement et socialement. De
fait, c’est plus de 3,5 milliards de dollars qui sont investis chaque année dans
l’administration de la justice pénale et dans la lutte à la criminalité. Et
pourtant la population affirme son inquiétude. Malheureusement, bien que nous
souhaitions voir la fin du recours à la criminalisation et à l’emprisonnement en
guise de réponse aux problèmes sociaux, nous assistons à un courant en sens
opposé. Nous sommes influencés par nos voisins du sud. Et force est de constater
que l’approche répressive gagne beaucoup d’adeptes dans les provinces de
l’ouest.
Avec l’arrivée au pouvoir des Conservateurs la loi
et l’ordre sont à l’honneur. Appuyés par des sondages d’opinion qui indiquent
que la criminalité inquiète le public, les politiciens ont annoncé qu’il était
impératif de résoudre ce problème. En matière de lutte à la criminalité, la
tendance actuelle de nos gouvernements, plus particulièrement celui de Stephen
Harper, favorise la répression. Il y a de quoi s’inquiéter puisque ce type de
réponse n’offre que des résultats à court terme et n’est pas garante d’une
baisse de la criminalité, en plus d’engendrer des coûts financiers énormes.
Priver un homme de sa liberté est probablement la
fonction la plus délicate que l’État doit exercer au nom de la collectivité dont
il doit assurer le bien être et la sécurité. La prudence est donc de mise
lorsque l’on sanctionne par l’emprisonnement. Adopter une approche moins
répressive n’est pas une chose facile à faire même au Québec. Des recherches ont
révélé depuis longtemps que le recours à des solutions de rechanges et la
réinsertion sociale s’avèrent être des mesures fructueuses, quoi qu’en pensent
les partisans d’une système répressif.
Le ministère de la Sécurité publique a reconnu que
la prévention de la criminalité pouvait contribuer à réduire la criminalité
réelle au Québec et à bâtir des milieux de vie plus sécuritaires pour les
citoyens et citoyennes. La Politique ministérielle en prévention de la
criminalité Pour des milieux de vie plus sécuritaires définit ce champ
d’activité comme suit :
« La prévention de la criminalité consiste en des
mesures proactives et non pénales qui ont pour but spécifique de réduire la
criminalité en agissant sur les facteurs qui la déterminent, soit sur les
circonstances et l’environnement dans lesquels sont commis les délits ou encore
sur les facteurs contemporains qui prédisposent à la criminalité ».
L’approche préventive permet d’atteindre le même
objectif en agissant en amont, c’est-à-dire avant la perpétration d’un délit.
Vouloir prévenir la criminalité exige que l’on puisse déterminer ses causes et
agir sur celles-ci. Les facteurs qui paraissent prédisposer à la criminalité
sont soit de nature socioéconomique, soit liés à la présence d’occasions
favorisant la perpétration de délits, soit rattachés aux valeurs sociales et
individuelles.
La prévention de la criminalité n’est pas la seule
responsabilité du ministère de la Sécurité publique. Elle nécessite une approche
globale à laquelle doivent prendre part d’autres ministères et organismes
gouvernementaux, en particulier ceux à vocation sociale et socioéconomique. Le
ministère de la Sécurité publique doit également s’associer aux municipalités,
aux associations et aux groupes ayant déjà une expertise du développement
communautaire afin d’analyser les conditions de réussite et de mettre en œuvre
des solutions appropriées qui permettront de prévenir la criminalité tant réelle
que perçue.
C’est l’affaire de tous et c’est ensemble que l’on
peut bâtir des milieux de vie sécuritaires.
n
Mise à jour :
mai 2008
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de défense des droits des détenus de Québec.
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