Criminalité :
Le phénomène des gangs de rue
Par
Caroline Pelletier
Habituellement, le phénomène des gangs
de rue est associé au monde urbain. En effet, on les retrouve
partout dans les grandes villes nord-américaines. Plus on s’approche
des grandes villes, plus le phénomène des gangs s’amplifie. Bien que
le phénomène semble moins présent dans les régions, il est réel. Peu
importe leur situation géographique, il reste que ces groupes de
jeunes perturbent la tranquillité et le sentiment de sécurité des
citoyens. Autrement dit, les gangs de rue peuvent se retrouver
partout. Leurs activités se concentrent, entres autre, sur le trafic
de drogues et d’armes, le prêt usuraire, le recel, la prostitution
juvénile, le vol et l’extorsion.
Bien qu’une infime partie des jeunes
se retrouvent, un jour ou l’autre, mêlés à des activités criminelles
et violentes, le risque d’être impliqué dans de telles actions reste
présent chez les jeunes. Selon le Service de police de la ville de
Montréal, environ 1 % des jeunes sont criminalisés. Cette même
source indique aussi que tous les gangs ne sont pas criminalisés au
même niveau et que tous les groupes de jeunes ne sont pas des gangs
de rue. Afin d’y voir plus clair, nous discuterons des gangs de rue
en tant que phénomène social ainsi que du profil des jeunes y
adhérant.
À l’adolescence, il est tout à fait
normal, de par son processus de développement, qu’un jeune veuille
adhérer à un groupe. « Une telle association [constitue]
certainement l’un des principaux moyens dont disposent les jeunes
pour parfaire leur socialisation.1 De fait, l’acceptation par les
pairs apparaît comme l’un des facteurs déterminants du développement
de la confiance et de l’estime de soi. Le besoin de se conformer aux
règles du groupe d’appartenance prend alors une très grande
importance ». Pendant cette période, il est aussi possible que
celui-ci commette des délits mineurs, comme un vol à l’étalage ou
faire un graffiti. Par contre, au moment où les activités violentes
et criminelles prennent plus d’importance que le simple fait
d’appartenir à un groupe, il est légitime de penser qu’il puisse
être lié à un groupe s’apparentant à un gang de rue. D’ailleurs, des
recherches « indiquent […] que les gangs exercent une véritable
fascination sur les jeunes ». 2
Les comportements déviants sont
habituellement commis en groupe. La fréquentation de pairs
délinquants, pour certains jeunes, comblerait des lacunes au niveau
du sentiment de sécurité et d’appartenance car, ils n’on pas pu - ou
su - répondre autrement à leurs besoins. Cette association les
confronte à des habitudes de vie prédisposant l’adoption de
comportements déviants.3 Par contre, tous les groupements de jeunes
délinquants ne sont pas tous des gangs de rue. Alors, qu’est-ce
qu’un gang de rue?
Sur le site Internet du SPVM, on
définit ce type de groupe comme suit : « un gang de rue est un
regroupement plus ou moins structuré d’adolescents ou de jeunes
adultes qui privilégient la force de l’intimidation du groupe et la
violence pour accomplir des actes criminels dans le but d’obtenir
pouvoir et reconnaissance et/ou de contrôler des sphères d’activités
lucratives ». De cette définition4, il est possible de dégager trois
profils types de gangs de rue : la bande de jeunes, le gang émergent
et le gang majeur. D’abord, la bande de jeunes consiste généralement
en un groupe peu structuré d’adolescents qui commettent des
infractions mineures.
Pour sa part, le gang émergeant
regroupe, le plus souvent, des adolescents ayant comme modèles les
gangs de rue majeurs. Leurs activités sont davantage improvisées et
centrées sur l’acquisition et la défense d’un territoire. Le taxage,
la profanation de menaces et les agressions armées - aux environs de
lieux publics – sont des activités auxquelles se livrent les jeunes
membres. Aux yeux des gangs de rue majeurs, ceux-ci figurent comme
de bons prospects. Enfin, le gang majeur inclue tant des adultes que
des adolescents. Les membres perpètrent des délits plus sévères
incluant une violence ciblée.
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Le Bulletin
Mise à jour :
décembre 2008
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