Nous Joindre | Devenir Membre | Plan du site

GDDDQ Menu











 

Groupe de défense des droits des détenuEs de Québec

 

570, rue du Roi

Québec (Québec)

G1K 2X2

 

Téléphone:

418-522-4343

514-954-9471

819-779-1281

 

Télécopieur :

418-522-4343

 

Courriel :

info@gdddq.org

 

  Dossiers et documents

Dossiers > Criminalité, justice & personne contrevenantes > Les médias et la justice > Les chroniques d'opinion


Les médias et la justice :`L’impact des médias sur l’opinion publique en matière de criminalité et justice pénale

 

Les chroniques d’opinion

Les chroniques d’opinion étant de nature subjective, c’est dans ces dernières que nous relevons le plus de glissements médiatiques.  Bien qu’il soit vrai que l’objectif de ces chroniques est de donner l’opinion du chroniqueur sur un sujet, nous pouvons soulever deux mises en garde.

Premièrement, comme vu précédemment, la distinction entre l’article factuel et l’article d’opinion n’est pas toujours claire dans les journaux.  Si la page éditoriale est clairement identifiée dans certains médias, il est vrai que l’on observe une répartition de nombreuses chroniques au travers les actualités.  Il serait intéressant de connaître le pourcentage de gens confondant les chroniques et les articles.

Deuxièmement, nous pouvons nous questionner sur « l’expertise » même des chroniqueurs puisqu’en matière de justice, tous semblent avoir leur mot à dire. Alors qu’il semble inimaginable de retrouver une chronique rédigée par un économiste dans la section Art & Spectacles, on ne s’étonne guère que le système judiciaire soit commenté par une multitude de personnes, et ce, peut importe leur degré d’expertise ou de connaissance du système judiciaire et carcéral.  Bien sûr, toute personne a droit à son opinion sur divers sujets.  Mais le danger ici est que le lecteur considère, à tort, que le chroniqueur soit « expert » dans le domaine pénal et qu'il confonde l’opinion avec des arguments fondés.  Cela peut également conduire à la commission d’erreur importante de la part de certains chroniqueurs.

Si le chroniqueur est libre d’émettre son opinion sur le système judiciaire et carcéral, encore faut-il que les faits sur lesquels il s’appuie pour étayer son point de vue soient véridiques.  Or, c’est dans les chroniques que l’on retrouve le plus de glissements médiatiques, particulièrement celui du passage de la rumeur à la vérité, où, en omettant de citer ou en présentant une affirmation comme un fait, le chroniqueur laisse croire à une vérité alors qu’il peut s’agir d’un point de vue personnel ou d’une simple rumeur.

De la rumeur à la vérité

 Dans une chronique portant sur le travail par les détenus, le chroniqueur J. Jacques Samson avance que « L’institution carcérale paie les détenus 3,50$ l’heure, ses équipements ont été acquis avec des fonds publics et elle peut ainsi présenter des offres de services à 50% du prix demandé par l’entreprise privée. »

[J. Jaques Samson, MCDO vs Chez Rita, JDQ 27 mai 2007.]

 On constate ici deux erreurs majeures.  Premièrement, les équipements n’ont pas été acquis avec des fonds publics, mais plutôt par les Fonds de soutien à la réinsertion sociale dans lesquels il n’y a aucune contribution des contribuables.  Ensuite, il présente comme un fait que les ateliers peuvent soumissionner à 50% en deçà du prix demandé par l’entreprise privée.  Or, cette affirmation découle de l’entrepreneur qui a dénoncé dans le journal le risque pour son entreprise de perdre un important contrat au profit de la buanderie de l’Établissement de détention de Québec.  Dans un article du site Internet de TQS, on indique clairement que c’est selon lui.  Le chroniqueur passe ainsi de la rumeur à la vérité.  Il n’est nullement mention de la source de cette information, ni si elle a été confirmée ou non par le ministère de la Sécurité publique.

Dans certains cas, le chroniqueur a recours à certains procédés argumentaires trompeurs, appelés sophismes, afin d’appuyer sa vision personnelle du système de justice pénale. Le sophisme, ou argument à logique fallacieuse, est un raisonnement qui apparaît comme rigoureux et logique, mais qui en réalité n'est pas valide.[1]

L’appel à l’émotion, la généralisation hâtive, l’appel à la majorité et l’attaque personnelle sont les plus couramment rencontrés lorsqu’il est question de chronique sur le système de justice pénale.

Ceci n’est pas sans danger puisque le lecteur se fait une idée du système judiciaire à partir de commentaires purement personnels et surtout, d’arguments qui peuvent s’avérer non fondés.  C’est sans doute ce qui explique que plusieurs arguments et stéréotypes avancés par certains chroniqueurs se retrouvent par la suite répétés par la population (dans des tribunes téléphoniques, le courrier du lecteur, commentaires internet ou autre) alors que l’idée avancée est fausse.  Comme le mentionne Jean-Marc Léger, de Léger Marketing, l’une des dix règles non écrites sur l’opinion est « qu’une fausseté maintes fois répétée devient vérité »[2].  C’est ainsi qu’à force de décrire les prisons comme des « clubs med », cette image est employée par beaucoup de personnes même s’ils n’ont, pour la majorité, jamais visité un établissement de détention, ni même porté attention aux rapports sérieux décrivant l’état des conditions de détention, tel le Rapport du Protecteur du citoyen ou de l’Enquêteur correctionnel.

Au-delà de la validité des faits, la subjectivité peut entraîner deux autres glissements importants dans les chroniques portant sur les affaires criminelles. Premièrement, on remarque une tendance à faire un procès médiatique parallèle au véritable procès.  Que le chroniqueur croie une personne coupable est une chose, mais la rigueur journalistique n’imposerait-elle pas d’attendre que cette personne le soit déclarée par le tribunal avant de le considérer comme tel? En présentant l’individu comme coupable, non seulement les médias forgent l’opinion publique qui condamne cette personne avant même la tenue du procès, mais ils portent atteinte à l’un des principaux fondements de notre système judiciaire voulant qu’une personne soit innocente jusqu’à preuve du contraire. 

Le procès médiatique parallèle

 « Libéré dans combien d’années? », [J. Jaques Samson, JDQ 20 mai 2008.]

Le titre de cette chronique (et son contenu) comporte deux fautes importantes : non seulement la personne accusée n’a toujours pas été reconnue coupable par un tribunal (au moment où l’article est écrit, le procès n’est même pas débuté!) que le journaliste, en plus de le condamner, parle déjà d’une hypothétique libération conditionnelle.  Pour l’instant, la personne est toujours présumée innocente et nous sommes encore loin de savoir à quel moment elle deviendra admissible à une libération…  D’autant plus que rien n’indique que la libération sera effectivement accordée.

D’autant plus que lorsqu’une personne est innocentée, elle n’a droit généralement qu’à un seul article présentant le verdict.  Souvent, sa réputation est entachée et la personne est déjà stigmatisée en raison de la couverture médiatique abondante.

Le second danger concerne le prononcé de la sentence.  Encore une fois, le commentateur à droit à son opinion personnelle sur la sévérité des peines.  Toutefois, il doit faire attention à ne pas se substituer aux juges quant à la sentence que devrait (ou aurait dû) recevoir un individu.  Le journaliste n’a ni la formation, ni l’expérience des juges.  D’affirmer qu’un individu aurait dû recevoir telle sentence plutôt qu’une autre relève de l’opinion personnelle et non d’une analyse approfondie de la situation.  Dans sa façon d’écrire, le chroniqueur peut amener le lecteur à conclure qu’une sentence est inappropriée, alors que tous deux n’ont souvent pas accès à l’ensemble du dossier, à savoir les facteurs aggravants ou atténuants, la jurisprudence sur le sujet, les peines prévues par la loi pour le délit en question, etc.

 

Quelques exemples

Voici quelques exemples de glissements médiatiques relevés dans les journaux.  Pour chacun des exemples mentionnés, ayez toujours à l’esprit la question suivante : « Que retiendra le lecteur qui lit cette phrase, quelle image lui viendra en tête »?

 

Des comparaisons douteuses

Les comparaisons […] avec le système américain mettent toujours en relief le laxisme de celui en place au Canada.

 L’auteur fait ici un sophisme d’observation qui consiste à négliger des faits particuliers qu'il fallait remarquer.  Dans le cas présent, l’auteur tente de démontrer l'inefficacité du système pénal canadien sur la criminalité en le comparant au système des États-Unis.  Or, il omet de comparer les résultats des politiques pénales des deux pays sur le taux de criminalité, pourtant nécessaires si l’on veut démontrer l’efficacité de telles mesures.

Il ne s’agit pas de réclamer le rétablissement de la peine de mort (1), mais un durcissement important des peines d’emprisonnement aurait un effet dissuasif. (2)  Le crime en général est banalisé au Canada. (3)

1- Le chroniqueur propose un faux dilemme.  Il s’agit d’un raisonnement fallacieux, qui consiste à présenter deux conclusions à un problème donné comme si elles étaient les deux seules possibles, alors qu'en réalité il en existe d'autres.

2- Sophisme d’a priori : la proposition étant acceptée, non comme prouvée, mais comme n'ayant pas besoin de preuve, comme vérité évidente en soi.  L’auteur avance qu’un durcissement des sentences aurait un effet dissuasif sur le crime comme étant un fait.  Il ne s’agit ici que de son opinion personnelle, d’autant plus que toutes les études sur le sujet ont à ce jour toujours démontré le contraire.

3- Le chroniqueur utilise un sophisme naturaliste qui consiste à poser un jugement de valeur sur la base d’un fait : le système judiciaire est moins répressif au Canada qu’aux États-Unis donc (selon le chroniqueur) on banalise le crime.

 [J. Jacques Samson, « Libéré dans combien d’années? », dans Le Journal de Québec, 20 mai 2008.]

 

L’utilisation de faits marquants, mais isolés pour faire peur

« Mais le gouvernement Charest ne devrait pas oublier que la pourriture du régime québécois des libérations conditionnelles met sérieusement en cause la sécurité du public.  C’est en effet un régime de broche à fois qui a fait des morts.  Alexandre Livernoche, Isabelle Bolduc, Hélène Morneau, Julie Boisvenu […] Combien faudrait-il de décès pour que Québec sorte de sa torpeur? » 

[Morissette Rodolphe, « Le défi de la Sécurité publique », dans Le Journal de Québec, 25 février 2005]

Le chroniqueur utilise ici l’appel à la terreur, un sophisme par lequel une personne tente de créer l'approbation de son idée en utilisant des menaces ou des peurs existantes.  Comme nous l’avons vu précédemment, l’auteur fait également appel à des évènements marquants qui ont influencé l’opinion publique, bien qu’il s’agisse de cas isolés, pour avancer l’idée que les libérations conditionnelles menacent la sécurité de la population. Pourtant, 95 %* des personnes admises en libération conditionnelle terminent leur sentence sans récidive.  Rien ne semble indiquer une réelle menace pour la sécurité du public.

 * : Source : Commission québécoise des libérations conditionnelles.

 

L’utilisation de stéréotypes et de préjugés

« Les « lologues » qui administrent le système carcéral canadien… »

« Or ces nobles principes [la réhabilitation et la réinsertion sociale], ajoutés aux chartes des droits et libertés et à un sous-produit, les chartes des droits des détenus, servent de prétextes à une multitude d’abus, qui ont conduit aux « sentences bonbons » purgées dans des prisons devenues des « clubs med » pour criminel au repos. […] Quant à la population, elle rage lorsqu’elle prend connaissance de nouvelles exagérations dans le traitement des pensionnaires de ces hôtels douillets pour criminels, mais les élus continuent d’écouter les mêmes naïfs théoriciens de la réadaptation. »

[Samson, J. Jacques. « La vie de château » dans Le Journal de Québec, 3 mai 2005]

Une panoplie de sophismes sont ici employés, notamment l’appel au ridicule qui consiste caricaturer les propos adverses jusqu'à les rendre ridicules, et donc facilement réfutable, et lArgumentum ad odium où l’auteur tente de rendre odieuse la thèse adverse en la reformulant et en la connotant de façon péjorative, sans justification apportée sur le fond, en association le plus souvent des idées et images plutôt que par un raisonnement. 

Dans le cas présent, le chroniqueur tente ici de discréditer la thèse de la réhabilitation et de la réinsertion sociale principalement en ridiculisant les personnes qui l’appuient (lologues, naïfs), en généralisant des faits exceptionnels et en y accolant des images péjoratives (clubs med, sentences bonbons, hôtels douillets).  Le chroniqueur confond (volontairement) des privilèges avec des droits, en y accolant au surplus le concept de réhabilitation sociale.  D’autant plus qu’il n’existe aucune charte des droits des détenus alors que le chroniqueur en parle (au pluriel en plus!)

 

 La mise en opposition des droits des détenus avec ceux des victimes

« On se sent tous concernés par ce qui se passe avec les pédophiles et les prédateurs sexuels.  On est tous tannés aussi des choses qui se disent sur les droits des détenus et des prédateurs.  Allez plutôt parler aux familles des victimes »  Josée Verner, parti Conservateur 

[« Un message clair aux prédateurs sexuels », dans Le Journal de Québec, 18 octobre 2007]

« … il y en aura toujours pour qui le coupable est plus important que la victime.  Ils voudront constamment qu’on investisse temps et argent pour supporter la réinsertion sociale »

[Serge Côté, « Encore dans le mille! », dans Le Journal de Québec, 31 août 2007]

La mise en opposition des droits des personnes incarcérées avec ceux des victimes relève également du sophisme de l’homme de paille ou encore du faux choix.  Dans le premier exemple, on tente d’inculquer l’image que si vous êtes contre le projet de loi, c’est que vous n’avez pas de compassion envers les victimes. 

Dans le second exemple, l’auteur laisse entendre que si vous défendez la réinsertion sociale, c’est que la victime n’a pas d’importance pour vous.  N’est-il pas possible de croire à la fois au respect des droits des personnes détenues et des victimes? Au GDDDQ, nous y croyons.

 - - - - -

« L’imposition de peines d’emprisonnement moins lourdes, de meilleures conditions de détention et des libérations conditionnelles plus généreuses, sont toujours présentées aux Canadiens comme un signe de leur plus haut degré de civilisation et de progrès social.  Cette prétention est encore plus répandue au Québec.  Notre système se préoccupe souvent bien plus des coupables que des victimes. »

[Samson, J. Jacques. « Noël au Pen », dans Le Journal de Québec, 21 décembre 2004]

Le sophisme de l’homme de paille qui consiste à présenter la position de son adversaire de façon volontairement erronée est ici employé.  Pour ce faire, le chroniqueur formule un argument facilement réfutable, une pensée absurde ou caricaturale, puis l'attribue à son opposant.  C’est ainsi que croire en un système axé sur la réhabilitation est détourné en « ne pas se préoccuper des victimes ».

 

Rendre odieux en généralisant

« Une société qui se protège met toutefois ensuite ce genre d’individus définitivement à l’écart.  Ici, au contraire, s’enclenche dès la condamnation une course pour les remettre en liberté le plus tôt possible. »

 [J. Jacques Samon, « Libéré dans combien d’années? », dans Le Journal de Québec, 20 mai 2008.]

En faisant croire de façon caricaturale que l’objectif de notre système pénal est de remettre rapidement en liberté les individus (course, le plus tôt possible) et que, par conséquent, ce système ne vise pas notre protection (au contraire, se protège), l’auteur utilise un autre raisonnement trompeur, l’argumentum ad odium, une forme d'argument visant à rendre odieuse la thèse adverse en la reformulant et en la connotant de façon péjorative, sans justification apportée sur le fond.

- - - - -

« Les libérations conditionnelles sont devenues la norme, c’est une farce.  C’est rendu qu’on appelle avant pour savoir si la prison est pleine pour être sur de ne pas y rester longtemps »

[Mario Dumont, cité dans le Journal de Québec, 21 novembre 2004]

En plus de faire un appel au ridicule, Mario Dumont fait une généralisation hâtive en prétendant que la libération conditionnelle est une « norme ».  On ne peut prétendre à la norme lorsque seulement 35,5% des personnes incarcérées au provincial sortent en libération conditionnelle!

 

La volonté populaire

« Certains bien-pensants tentent aussi d’imposer l’idée que plus une société est évoluée moins elle incarcère les individus.  Pourtant, chaque fois qu’un crime sordide de la sorte émeut les citoyens, la volonté populaire se fait entendre. Les attentes d’une majorité par rapport au Code criminel canadien vont au-delà, de toute évidence, de ce que les élus et les experts qui les conseillent ont décidé d’y mettre. »

 [J. Jacques Samson, « Libéré dans combien d’années? »,  dans Le Journal de Québec, 20 mai 2008.]

L’auteur du texte tente, par un procédé caricatural douteux, de marginaliser toute idée contraire à la sienne.  Ceux qui prônent moins de prison sont des « bien pensants » qui veulent imposer une idée.  À l’inverse, sa position est celle de la « volonté » du peuple, de la majorité. L'auteur utilise ici le sophisme d’argumentum ad populum (ou raison de la majorité) selon lequel une idée ou une affirmation devrait être acceptée comme vraie parce qu'un nombre important de personnes la considère comme vraie.  Or, pour citer Coluche : ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison. [wikipédia]

La formulation pourrait pourtant être totalement inversée et demeurerait tout aussi vraie : « Certains bien-pensants tentent d’imposer l’idée qu’un durcissement important des peines d’emprisonnement aurait un effet dissuasif.  Chaque fois qu’un crime sordide de la sorte émeut les citoyens, la volonté populaire se fait entendre.  Heureusement, les élus et les experts ont pris soin de baliser le Code criminel afin d’éviter les excès qu’aurait un tribunal populaire. »

 

Quand la solution devient le problème – les contradictions des journalistes et de l’opinion publique

On remarque quelquefois un cercle vicieux dans les médias lorsqu’une solution avancée précédemment devient un problème qu’il faut dénoncer.  Prenons pour exemple le travail des détenus.

Petit historique :

Depuis 1989, la fabrication des plaques d’immatriculation au Québec est confiée à une compagnie de la région des Bois-Franc, qui a d’ailleurs le monopole puisque c’est le seul fabricant du Québec.  Lors du dernier renouvellement du contrat en 2008, le coût des plaques est passé de 1,40 $ (2004-2007) à 2.09 $ (2007-2010).  Il s’agit d’une hausse de 49,3 %.  Face à cette hausse, la SAAQ a étudié la possibilité de confier la production des plaques d’immatriculation à l’atelier de l’Établissement de détention de Québec.

Il n’en fallait pas plus pour que certains politiciens et chroniqueurs, qui ironiquement ne cessent de réclamer une diminution des dépenses du gouvernement, se scandalisent que le gouvernement mette fin au contrat avec l’entreprise pour confier la fabrication à moindre coût par des personnes incarcérées.

Suite aux pressions, le ministre met fin au projet, comme il l’a fait auparavant dans le dossier opposant la buanderie de l’EDQ à une buanderie privée. 

[« Les plaques fabriquées derrière les barreaux? », dans Le Journal de Québec, 5 mars 2008]

On assiste ici au parfait exemple d’une solution que l’on transforme en problème. Combien de fois lisons-nous dans les médias que les détenus devraient travailler pour l’État afin de «payer leur dette à la société »? Or, dès qu’il est question du travail des détenus, on parle de concurrence déloyale avec l’entreprise privée, puisque ceux-ci gagnent en deçà du salaire minimum.  Et lorsque l’Enquêteur correctionnel propose d’attribuer aux détenus le salaire minimum arguant que le salaire actuel des détenus suffit à peine à payer les effets personnels à la cantine, on s’y oppose disant qu’ils ne peuvent avoir le même salaire que d’honnêtes citoyens.

Bref, on refuse que les personnes incarcérées gagnent un salaire équivalant aux citoyens, mais on dénonce le fait qu’en raison du bas salaire qu’il verse aux personnes détenues, le gouvernement fait une concurrence déloyale à l’entreprise privée.

Dans un cas comme l’autre, chacune des solutions avancées est par la suite transformée en problème, l’important est qu’il y ait « scandale ».

[« Les salaires des détenus fédéraux sont trop bas », dans Le Journal de Québec, 27 novembre 2006]

[« Les emplois de Paranet menacés par les détenus », dans Le Journal de Québec, 14 mai 2007]

 

Précédent  |  Suite


[1] : Wikipédia.

[2] : LÉGER, Jean-Marc.  « C’est mon opinion », dans Le Journal de Québec, 18 mars 2009

 



Mise à jour : février 2010

© Groupe de défense des droits des détenus de Québec.

Toute reproduction interdite sans avoir obtenus l’autorisation préalable.

 
 

 

Accueil | Organisme | Infos Juridiques | Heure Juste | Publications | Actualités | Communiqués | Liens | Section C.A

 © Groupe de défense des droits des détenuEs de Québec / Mise à jour : 10 March 2010