Nous Joindre | Devenir Membre | Plan du site
 

Dossiers et documents

Dossiers > Détention

 Imprimer cette page


La surpopulation carcérale

État de situation

 

« À court terme, d'ici un an, nous voulons remédier aux problèmes qu'occasionne la surpopulation dans nos établissements de détention, dont celui d'Amos. Cette intervention facilitera les opérations quotidiennes dans l'établissement et réduira la pression sur les autres établissements ». 

Jacques Dupuis, ministre de la Sécurité publique du Québec.  Communiqué de presse du 7 février 2008, concernant l'ajout de 324 places par la construction de bâtiments modulaires temporaires.

 

Infrastructure temporaires - 324 places ajoutées

Québec 96 places

TOTAL

324 places ajoutées au réseau correctionnel du Québec

Dépense totale pour la construction des bâtiments: 19 M$

Frais d'incarcération annuels supplémentaires et récurrents : 

324 places x 160$/j = 18.9 M$

Amos 36 places
Trois-Rivières 96 places
Sherbrooke 96 places

 

Plus d'un an à passé... Qu'en est-il ?

La situation n'a guère changée, malgré l'ajout de 324 places :

  • L'interpellation sur l'état des Services correctionnels à l'Assemblée nationale le 15 mai 2009 a permit d'apprendre qu'au 31 mars 2009, il y avait 4705 détenus dans nos prisons alors que la capacité d'accueil est de moins de 4000 places.

  • "Les BMT [bâtiments modulaires temporaires] ont permis de «mettre un peu de baume» sur les plaies des gardiens de prison, selon le syndicaliste. «Mais ils n'ont pas réglé le problème de surpopulation. On veut qu'ils restent une solution temporaire.» Stéphane Lemaire, président national du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels.

Quelques exemples :

3 mars 2010 Débordement des prisons : Les gardiens sonnent l'alarme
19 juillet 2009 Prison de Hull : Taux d'occupation de 200% dans le secteur B1
16 juillet 2009 Baie-Comeau : Une prison surpeuplée
6 juillet 2009 Prison d'Amos : La surpopulation de la prison inquiète
4 juillet 2009 Les prisons resteront pleines
22 juin 2009 Incendie à la prison de Trois-Rivières : La surpopulation montrée du doigt
31 mai 2009 Camping forcé à Bordeaux
31 mai 2009 La solution n'est pas dans le béton
31 mai 2009 Des prisons mobiles
18 mars 2009 La prison d'Amos compte encore trop de détenus
   

 La réinsertion sociale compromise

  • La surpopulation carcérale fait en sorte que des locaux devant servir à des programmes de réinsertion sociales sont utilisés pour héberger des détenus purgeant des sentences intermittentes (fins de semaines).

  • Des programmes de réinsertion sociales sont annulés dans plusieurs établissements, faute de budget et de personnel.

  • Les agents correctionnels sont débordés, causant de nombreux retard dans l'évaluation et le suivi des citoyens incarcérés.

  • Les transferts de personnes incarcérées entre établissements sont fréquents : "On a l'équivalent d'une prison sur nos routes chaque jour", a déploré le directeur général adjoint des prisons de l'est du Québec, Michel Roberge, lors du Congrès de criminologie du Québec de 2007.  Ces transferts ont de nombreuses conséquences, dont :

    • Interruption des programmes de réhabilitation et du suivi des personnes incarcérées ;

    • Impossibilité pour la personne incarcérée transférée de se faire évaluer pour être admise dans une maison de thérapie ;

    • Impossibilité pour des personnes détenues de trouver un logement ou un emploi dans leur région d'origine en vue d'une libération prochaine ;

    • Éloignement de la famille qui devient ainsi privée de pouvoir visiter la personne incarcérée ;

    • Les frais de transferts des personnes incarcérées s'ajoutent au frais qui doivent être assumés par la population pour l'incarcération.

 

Des coûts sociaux importants

L'ajout de places en détention au Québec : ce qu'il en coûte

L'ajout de 324 places temporaires et de 338 places permanentes dans le réseau correctionnel québécois se traduit par la construction de 4 nouvelles prisons, la réouverture de la prison de Percé et l'aménagement de bâtiments modulaires, qui coûteront aux contribuables québécois 399 M$.

Un montant substantiel puisé à même les finances du Québec alors que nous faisons face à une crise financière importante.  D'autant plus que les études démontre que l'ajout de nouvelles places n'est pas nécessaires.

Cet argent aurait certainement été mieux investi ailleurs !  Quelques exemples ?

 

Le GDDDQ avait pourtant averti la population et le ministre...

Lors de l'annonce de l'ajout de 5 nouvelles prisons et de la création des bâtiments modulaires temporaires, le GDDDQ avait averti la population et le ministre à l'effet que l'ajout de places en détention n'avait jamais contribué à régler le problème de surpopulation carcérale.

«Selon le Groupe de défense des droits des détenuEs de Québec (GDDDQ), l’annonce de l’ajout de 338 nouvelles places en détention au coût de 388 millions $ faite par le ministre de la Sécurité publique, monsieur Jacques Dupuis, ne contribuera pas à désengorger le réseau correctionnel.  [...] Le GDDDQ est sceptique au sujet des places dites « temporaires » qui seront créées.  L’exemple de l’occupation double et même triple dans les cellules prouve qu’une fois créées, les places demeurent permanentes.  ».

L'HEURE JUSTE !

Il faut ajouter des nouvelles places en détention pour régler le problème de surpopulation carcérale.
 
 

Ce qu'en dit le Protecteur du citoyen (rapport annuel 2008-2009)

Il faut cependant relativiser les conséquences de cette solution provisoire à la surpopulation carcérale et aux transferts à répétition d’un établissement à un autre de personnes incarcérées. Selon les critères de sélection pour l’hébergement dans ces modules, seules les personnes ayant le degré de dangerosité le moins élevé, une condition physique et mentale ainsi qu’un comportement jugés adéquats peuvent y être incarcérées. Le ministère de la Sécurité publique reconnaît que, pour combler ces nouvelles places, les personnes au profil recherché viendront aussi d’établissements n’ayant pas de bâtiments modulaires. Ces transferts pourraient générer des effets néfastes (éloignement des proches et des ressources communautaires de la région d’origine, discontinuité des services médicaux, etc.) sur les conditions d’incarcération des personnes touchées par cette mesure.


Sur le sujet :


Mise à jour : juillet 2009

© Groupe de défense des droits des détenus de Québec.

Toute reproduction interdite sans avoir obtenus l’autorisation préalable.

 
 

 

Accueil | Organisme | Infos Juridiques | Heure Juste | Publications | Actualités | Communiqués | Liens | Section C.A

 © Groupe de défense des droits des détenuEs de Québec / Mise à jour : 10 March 2010