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La surpopulation carcérale

État de situation

« À court terme, d'ici un an, nous voulons remédier aux problèmes qu'occasionne la surpopulation dans nos établissements de détention, dont celui d'Amos. Cette intervention facilitera les opérations quotidiennes dans l'établissement et réduira la pression sur les autres établissements ». 

Jacques Dupuis, ministre de la Sécurité publique du Québec.  Communiqué de presse du 7 février 2008, concernant l'ajout de 324 places par la construction de bâtiments modulaires temporaires.

 

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Infrastructure temporaires - 324 places ajoutées, 38 millions $ dépensés

BMT Nombre de places ajoutées Mise en service1 TOTAL
Québec 96 places  nov 2008

324 places ajoutées au réseau correctionnel du Québec

Dépense totale pour la construction des bâtiments: 19 M$

Frais d'incarcération annuels supplémentaires et récurrents : 

324 places x 168$/jours2 = 19,8 M$ / an

 

Amos 36 places  déc 2008
Trois-Rivières 96 places  nov 2008
Sherbrooke 96 places  nov 2008
1: Source : Ministère de la Sécurité publique du Québec, Rapport annuel de gestion 2008-2009, Gouvernement du Québec, 2009, p. 16

2: coût d'incarcération au 31 janvier 2009, source : MSP.

 

Plus d'un an à passé... Qu'en est-il ?

La situation n'a guère changée, malgré l'ajout de 324 places :

  • L'interpellation sur l'état des Services correctionnels à l'Assemblée nationale le 15 mai 2009 a permit d'apprendre qu'au 31 mars 2009, il y avait 4705 détenus dans nos prisons alors que la capacité d'accueil est de moins de 4000 places.  Source : ministère de la Sécurité publique du Québec.

  • Au 31 janvier 2009, le taux d'occupation moyen dans les prisons québécoise s'élevait à 116%.  Source : ministère de la Sécurité publique du Québec.

  • "Les BMT [bâtiments modulaires temporaires] ont permis de «mettre un peu de baume» sur les plaies des gardiens de prison, selon le syndicaliste. «Mais ils n'ont pas réglé le problème de surpopulation. On veut qu'ils restent une solution temporaire.» -- Stéphane Lemaire, président national du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels.

  • "L'ajout d'un bloc modulaire temporaire (BMT) de 36 places l'établissement de détention d'Amos aura certes permis d'y résorber en partie les problèmes de surpopulation carcérale. Mais le problème reste entier, alors que 353 détenus ont tout de même été transférés vers d'autres prisons du Québec entre le 1er avril 2009 et le 9 février 2010. Ce sont les chiffres obtenus auprès de Mario Vaillancourt, du ministère de la Sécurité publique. La prison d'Amos compte un total de 122 places. Le 7 mars dernier, 125 personnes étaient incarcérées à Amos, pour un taux d'occupation de 102%".  Source : L'Écho Abitibien, 26 mars 2010.
     

Quelques exemples :

9 avril 2010 Les hommes débarquent à Tanguay
26 mars 2010 Prison d'Amos : Toujours trop de prisonniers, 353 détenus ont pris la route d'autres prisons en dix mois
26 mars 2010 Prison de Hull : une surpopulation supérieure à la moyenne
13 mars 2010 Infrastructures carcérales : un "échec coûteux"
3 mars 2010 Débordement des prisons : Les gardiens sonnent l'alarme
19 juillet 2009 Prison de Hull : Taux d'occupation de 200% dans le secteur B1
16 juillet 2009 Baie-Comeau : Une prison surpeuplée
6 juillet 2009 Prison d'Amos : La surpopulation de la prison inquiète
4 juillet 2009 Les prisons resteront pleines
22 juin 2009 Incendie à la prison de Trois-Rivières : La surpopulation montrée du doigt
31 mai 2009 Camping forcé à Bordeaux
31 mai 2009 La solution n'est pas dans le béton
31 mai 2009 Des prisons mobiles
18 mars 2009 La prison d'Amos compte encore trop de détenus

 

Des coûts sociaux importants

L'ajout de places en détention au Québec : ce qu'il en coûte

L'ajout de 324 places temporaires et de 338 places permanentes dans le réseau correctionnel québécois se traduit par la construction de 4 nouvelles prisons, la réouverture de la prison de Percé et l'aménagement de bâtiments modulaires, qui coûteront aux contribuables québécois 399 M$.  À cette dépense, il faudra ajouter 20 M$ par année en frais d'incarcération supplémentaires (40 M$ si les places temporaires sont maintenues en services).

Un montant substantiel puisé à même les finances du Québec alors que nous faisons face à une crise financière importante.  D'autant plus que les études démontre que l'ajout de nouvelles places n'est pas nécessaires.

Cet argent aurait certainement été mieux investi ailleurs !  Quelques exemples ?

 

Le GDDDQ avait pourtant averti la population et le ministre...

Lors de l'annonce de l'ajout de 5 nouvelles prisons et de la création des bâtiments modulaires temporaires, le GDDDQ avait averti la population et le ministre à l'effet que l'ajout de places en détention n'avait jamais contribué à régler le problème de surpopulation carcérale :

«Selon le Groupe de défense des droits des détenuEs de Québec (GDDDQ), l’annonce de l’ajout de 338 nouvelles places en détention au coût de 388 millions $ faite par le ministre de la Sécurité publique, monsieur Jacques Dupuis, ne contribuera pas à désengorger le réseau correctionnel.  [...] Le GDDDQ est sceptique au sujet des places dites « temporaires » qui seront créées.  L’exemple de l’occupation double et même triple dans les cellules prouve qu’une fois créées, les places demeurent permanentes.  ».

L'HEURE JUSTE !

Il faut ajouter des nouvelles places en détention pour régler le problème de surpopulation carcérale.
 
 

Ce qu'en dit le Protecteur du citoyen (rapport annuel 2008-2009)

Il faut cependant relativiser les conséquences de cette solution provisoire à la surpopulation carcérale et aux transferts à répétition d’un établissement à un autre de personnes incarcérées. Selon les critères de sélection pour l’hébergement dans ces modules, seules les personnes ayant le degré de dangerosité le moins élevé, une condition physique et mentale ainsi qu’un comportement jugés adéquats peuvent y être incarcérées. Le ministère de la Sécurité publique reconnaît que, pour combler ces nouvelles places, les personnes au profil recherché viendront aussi d’établissements n’ayant pas de bâtiments modulaires. Ces transferts pourraient générer des effets néfastes (éloignement des proches et des ressources communautaires de la région d’origine, discontinuité des services médicaux, etc.) sur les conditions d’incarcération des personnes touchées par cette mesure.


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Mise à jour : mars 2010

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