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La surpopulation carcérale

Les solutions

 

Comprendre pourquoi nos prisons sont surpeuplées

Comment peut-on expliquer que, malgré une diminution constante du taux de criminalité, nos établissements correctionnels demeurent surpeuplés?  Il est démontré l'augmentation du nombre de personnes incarcérées est principalement liée aux facteurs suivants :

  • L'augmentation du nombre de personnes incarcérées dans l'attente de leur procès, qui représentent actuellement environ la moitié des personnes dans les prisons du Québec.

  • La rétention de la population en raison de la baisse du taux d'octroi de permission de sortie, qui n'est que d'environ 5% actuellement.

  • Le recours quasi systématique à l'incarcération

Les statistiques démontrent clairement que l'ajout de places en détention n'a jamais réussi à enrayer la surpopulation carcérale.  Les solutions aux problèmes sont ailleurs. 

 

Offrir des solutions alternatives à la détention préventive

Bien que le ministère de la Sécurité publique doive appliquer les décisions des juges, c’est le rôle du gouvernement d’offrir des solutions alternatives, plus particulièrement en matière de détention préventive.  Actuellement, le recours à la détention durant la durée du procès ou le versement d'une caution s'avèrent les deux seules avenues dont disposent les juges lorsqu'une personne est accusée. 

D'autres avenues, tels les foyers de cautionnement, mériteraient d'être étudiés afin de permettre une neutralisation des personnes d'une façon autre et surtout moins coûteuse que la détention.

 

Utiliser efficacement les alternatives à la détention

En 1996, le gouvernement du Québec annonçait sa volonté de réduire le recours à l’incarcération par l’utilisation d’alternatives efficaces.  Malgré l’instauration de nouvelles mesures, tel le sursis, le recours à l’emprisonnement au Québec a grimpé de 29% à 35% entre 1996 et 2006.  Ceci veut donc dire que la peine d’emprisonnement est davantage imposée comme sanction aujourd’hui qu’il y a 10 ans.

Alors qu’on disait à l’époque vouloir réserver l’incarcération aux crimes graves et violents, on constate que dans les cas de vols de 5 000$ ou moins (qui représentent la majorité des infractions), 38% des personnes condamnées ont été incarcérées en 2006.  En fait, la majorité des peines de prisons qui sont imposées concernent des délits sans violence.

On peut également se questionner sur la pertinence et l'efficacité des sentences intermittentes, communément appelée "sentence de fin de semaine".  L'utilisation de ce type de sentence est en contradiction même avec le principe de neutralisation d'un individu : si une personne ne représente pas une menace pour la sécurité de la population et qu'elle peut ainsi être en liberté totale durant la semaine, en quoi sa neutralisation devient-elle nécessaire la fin de semaine?  D'autres types de sanctions serraient davantage appropriées pour ces personnes afin de les punir de leur délits sans qu'il s'agisse de l'incarcération, qui, doit-on le rappeler, est l'avenue la plus coûteuse.

Alors que nos prisons sont surpeuplées et que les agents peinent à suffire à la tâche, engorger les établissements les fins de semaines pour des délits somme toute mineurs n'apparaît pas une décision éclairée et efficace.

 

Donner aux prisons existantes les moyens d'assurer une réinsertion sociale efficace

L'aspect financiers doit aussi être pris en compte.  Les prisons actuelles souffrent d'un manque de personnel, faute de budget.  Ce qui est plutôt contradictoire considérant les coûts reliés à l'accroissement de la capacité carcérale.  Actuellement au Québec, il en coûte 166$/jour pour incarcérer UNE personne.  Ainsi, l’ajout de 338 places coûtera, à chaque année, aux contribuables québécois près de 20 M$.

Alors qu'on annonce des investissement de 399 M$ dans le béton, aucune somme n'est allouée pour des programmes de réinsertion sociale et de thérapie dans nos prisons.  Pourtant, c'et là la clé d'une réinsertion sociale réussie.

Il aurait été moins coûteux et plus rentable d'utiliser ces sommes pour :

  • embaucher du personnel supplémentaire pour assurer une prise en charge rapide des individus et un meilleurs suivi durant la période de détention ;

  • mettre sur pied des programmes de réinsertion sociale et de thérapie à l'intérieur des murs ;

 

Rétablir un juste équilibre dans l'évaluation des demandes de permissions de sortie

La décision politique de demander un resserrement des permissions est en partie responsable du problème de surpopulation carcérale.  Sans utiliser les permissions de sortie comme moyen de gestion des places en détention, un certain redressement s'impose.  L'écart entre le taux d'octroi des permission de sortie de type réinsertion sociale et celui de la libération conditionnelle démontre un déséquilibre entre les deux programmes. 

La population doit comprendre que l'accès au "sixième" est reliée aux divers programmes de réinsertion sociale (maison de thérapie ou de transition). Travailler à la réinsertion sociale d'une personne en s'attaquants aux problématiques l'ayant conduit en détention, c'est lutter efficacement contre la criminalité et faire en sorte d'éviter qu'elle ne retourne en détention.

 

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Dossier surpopulation carcérale

  État de situation

  Un phénomène récurrent

  Les causes de la surpopulation carcérale

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  Les solutions au problème


Mise à jour : mars 2010

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