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  L'heure Juste

Les faits sur la criminalité et la détention

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Le durcissement des peines d'emprisonnement aurait un effet dissuasif sur la criminalité.

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Stephen Harper a-t-il raison d’affirmer que la criminalité est à la hausse ?  Son approche en matière de lutte à la criminalité est-elle efficace ?

 

Voici les faits !

La criminalité au Canada est à la baisse et l’approche répressive préconisée par les conservateurs est jugée par tous les experts comme étant la pire puisque toutes les études sur le sujets ont démontré son inefficacité.

 

L’évolution de la criminalité

Le taux de criminalité n’est pas aussi élevé qu’on le croit ! Il poursuit une tendance à la baisse depuis le sommet atteint en 1991.  En 2007, le taux de criminalité au Canada a chuté à son point le plus bas en 30 ans.

 

La ligne dure

Il est largement démontré que le durcissement des lois et les mesures répressives (telles que préconisées par les conservateurs) sont inefficaces en matière de lutte à la criminalité.  Cette façon de faire a plutôt conduit à une hausse de la criminalité partout où elle a été appliquée.

 En fait, aucune étude n’a pu démontrer que l’approche répressive avait contribué à une baisse de la criminalité.

 Une recherche documentaire du ministère fédéral de la Sécurité publique a produit 111 études qui examinaient le lien qui existe entre les sanctions pénales et le taux de récidive. D'après les conclusions, les sanctions pénales plus rigoureuses n'ont pas d'effet dissuasif sur la récidive.

 Selon cette recherche (que l’on peut trouver sur le site internet du ministère de la Sécurité publique du Canada) : « Les politiques de justice pénale fondées sur la croyance selon laquelle une " ligne dure " permet de réduire la récidive ne sont pas appuyées par des données empiriques. » 1

 

Les jeunes contrevenants

La plus récente étude portant sur la criminalité, présentée  le 17 septembre 2008, portait spécifiquement sur les jeunes contrevenants.  Cette étude, menée par le professeur Richard Tremblay de l’Université de Montréal, a une fois de plus démontré que la tendance à punir plus sévèrement les jeunes contrevenants ne réduit aucunement la criminalité; au contraire, elle augmente le risque de crimes violents à l’âge adulte.3

 La volonté de traduire en justice pour adulte les jeunes de 14 ans apparaît assez contradictoire considérant que les conservateurs ont fait passer l’âge du consentement sexuel de 14 à 16.  Cela démontre une vision purement idéologique.  La prison, c’est « l’école du crime ».  Y envoyer nos jeunes n’est pas approprié.

 

Une approche coûteuse

L’incarcération constitue la sanction la plus coûteuse de notre système de justice.  Les études tendent à démontrer que le durcissement des lois et l’imposition de peines minimales ont pour résultats une hausse de la population carcérale et une augmentation des dépenses du système judiciaire.  C’est là d’ailleurs le seul « résultat » de l’approche répressive que les études ont prouvé : une augmentation des dépenses considérable !

 Les conservateurs demeurent muets sur les montants qui devront être dépensés pour mettre de l’avant leur approche et la façon de la financer. Où iront-ils chercher cet argent ?

 D’autres avenues moins coûteuse que la détention ont fait leur preuves.  Statistique Canada dévoilait en 2006 que les personnes contrevenantes qui purgent leur peine dans la collectivité risquent moins de récidiver que ceux qui vont en prison.

 

Attiser la peur

En affirmant que la criminalité est à la hausse alors que c’est faux, le gouvernement conservateur tente de créer un climat de peur afin de justifier une approche purement idéologique en matière de lutte à la criminalité. Une approche coûteuse dont l’inefficacité à largement été démontrée.

 

Des solutions à la criminalité

Un gouvernement responsable qui désire entreprendre une réelle lutte à la criminalité doit s’attaquer à ses causes, notamment la pauvreté, le décrochage scolaire, le chômage, la toxicomanie, etc.  Voilà ce que veut vraiment dire « S’attaquer aux crime ».  Adopter la ligne dure ne règlera rien.  Aucune étude n’a réussi à démontrer le contraire.

 

 

 

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 © Groupe de défense des droits des détenuEs de Québec / Mise à jour : 20 April 2010