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Récemment, le Gouvernement du Québec a annoncé la
construction d’une prison spécialisée dans le traitement des
délinquants sexuels à Percé. Est-ce la solution au problème ?
Le GDDDQ est d’avis que le ministre fait
un
pas dans la bonne direction en soulignant à la population
l’importance des programmes destinés à la réinsertion sociale des
personnes contrevenantes, particulièrement ceux dédiés aux
délinquants sexuels, afin de réduire les risques de récidive.
Malheureusement, l’isolement de la prison de Percé nuira au succès
de ce programme et le GDDDQ a de sérieux doute sur la réussite du
projet.
Les limites du
projet
Le GDDDQ tient à
souligner l’importance des programmes destinés à la réinsertion
sociale des personnes contrevenantes, particulièrement ceux dédiés
aux délinquants sexuels, afin de réduire les risques de récidive.
Mais malheureusement, le choix qu’à fait le gouvernement de
concentrer tous les efforts à Percé nuira au succès de ce programme.
Traitement limité
La capacité
d’accueil de la prison de Percé (46 places) limitera l’accès au
programme de traitement. D’une durée
de 6 mois, ce programme
permettra seulement de traiter 92 personnes par années.
Selon le GDDDQ,
les 11 M$ nécessaires à la réouverture de la prison de Percé
auraient été mieux investis en offrant des conditions favorables à
l’embauche de personnel qualifié au sein de tous les établissements
de détention du Québec ou, tout au moins, en créant des
« départements spécialisés régionaux » aux seins des prisons
existantes pour assurer ainsi le traitement d’un plus grand nombre
de personnes et un meilleur suivi lors de la libération. Nous
n’avons pas besoin d’ouvrir une nouvelle prison pour traiter la
délinquance sexuelle.
L’isolement :
coûteux et démotivant
L’isolement
de la prison de Percé sera un facteur démotivant plusieurs personnes
lorsque viendra le temps de
demander
la thérapie. Le fait d’être à plusieurs kilomètres de son lieu
d’origine rend difficile les contacts avec la famille de la personne
incarcérée : les visites des proches sont impossibles et les frais
d’interurbains difficiles à assumer pour les proches de la personne
contrevenantes.
L’accès
à cette thérapie nécessitera des transferts fréquents et coûteux, et
ce, sans garantie de retour pour les personnes incarcérées
contrairement à ce que le ministre laisse entendre. En décidant de
concentrer tous les efforts dans un seul établissement, le
gouvernement sera dans l’obligation de transférer les détenus de
partout au Québec vers l’établissement de Percé. Ainsi, un détenu
de l’Établissement de détention d’Amos devra parcourir environ 1 500
km (19 heures de routes) ou celui de Gatineau, plus de 1 000
kilomètres (14 heures de routes).
Le transfert des
personnes incarcérées se fait par fourgon cellulaire et est assuré
par le ministère de la Sécurité publique (MSP). Les coûts reliés à
ces transferts (allez-retour) s’ajouteront aux nouvelles dépenses
créées par ce projet.
Réinsertion
compromise
Au
niveau de la réinsertion sociale, il est souvent impossible pour la
personne incarcérée d’entreprendre les
démarches
nécessaires à sa future libération (recherche d’emploi, d’un
logement, d’une maison de transition ou de thérapie).
Le
manque de continuité du suivi dans la communauté inquiète
également.
Le succès d’une
thérapie implique nécessairement le suivi dans la société, la où se
trouve le vrai défi. Le GDDDQ craint le manque de continuité du
traitement lors de la libération de la personne contrevenante dans
sa communauté. À la fin de
sa
sentence,
on retournera la personne incarcérée dans son milieu d’origine.
Il aurait été plus logique que les spécialistes en délinquance
sexuelle assurent également le suivi de la personne lors de son
retour dans la société.
Le manque de spécialistes
Dans le cas de la prison
de Percé, le gouvernement a annoncé la création d’une équipe de
professionnels de la santé, composée notamment de criminologues, de
sexologues, de psychologues et de travailleurs sociaux. Dans ce
projet, le MSP travaillera en collaboration avec le ministère de la
Santé et des Services sociaux (MSSS). Encore une fois, on ne fait
aucunement mention des dépenses qui seront assumées par le MSSS.
On sait que la pénurie
de main d’œuvre dans les régions du Québec oblige souvent le
gouvernement à débourser des primes importantes afin d’attirer des
spécialistes dans les régions. On pense entre autres aux primes
offertes aux médecins spécialistes et aux pharmaciens. Ce sont là
des coûts qui s’additionnent encore.
Il est illusoire
de prétendre que cette région éloignée du Québec règlera son
problème déjà existant de manque de médecins et personnels
spécialisés par la réouverture d’un établissement correctionnel.
Tous ces facteurs
nous font douter de la réussite de ce projet.
Les solutions
Nul besoin
d’ajouter une prison pour traiter efficacement les délinquants
sexuels. Les 11 M$ nécessaires à la
réouverture
de la prison de Percé aurait été mieux investit en offrant des
conditions favorables à l’embauche
de personnel spécialisés au sein de TOUS les établissements
correctionnels du Québec ou, tout au moins, en créant des
« départements spécialisés régionaux » au sein des prisons
existantes.
Ainsi, on ferait
en sorte qu’un plus grand nombre de personnes puissent être traitées
et surtout, que les spécialistes
en
délinquances sexuelles puissent assurer un suivi dans la communauté
lorsque l’individu sera libéré. Le succès de toute thérapie
implique nécessairement un suivi dans la société, la où se trouve le
vrai défi.
Avec le projet
actuel, le gouvernement concentre tout ses efforts dans un seul
endroit, Percé. Lorsque la thérapie sera terminée, on retournera la
personne incarcérée dans son milieu d’origine, sans qu’aucun suivi
par ces mêmes spécialistes ne soit assuré. C’est là un non sens que
l’on doit dénoncer.
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