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« Il coûtera moins cher à la société de construire plus de
prisons qu'il n'en coûterait d'emprisonner moins longtemps
les criminels. »
Vic Toews, ministre de la Sécurité publique
du Canada1
VOICI LES FAITS !
En
2005-2006, les dépenses relatives à la surveillance des
personnes en milieu ouvert s’élevaient à 410 M$. À
l’inverse, les dépenses reliées à l’incarcération
dépassaient 2 milliards $.
Affirmer
qu’il en coûtera moins cher de maintenir plus longtemps en
incarcération des personnes plutôt que de les maintenir
dans la communauté
s’avère une affirmation totalement fausse.
Parmi
tous les types de sanctions qui peuvent être imposées par un
juge,
l’incarcération est la plus coûteuse.
Coût
moyen d’incarcération
Au
niveau fédéral (sentences de 2 ans et plus), le coût
d’incarcération s’élevait, en 2005-2006, à
260 $ / jour. Il en
coûte donc 94 900 $ par année pour incarcérer une seule
personne.
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Sentence |
Coût
total |
|
2 ans |
189 800$ |
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5 ans |
474 500$ |
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10 ans |
949 000$ |
|
25 ans |
2 372
500$ |
Au
Québec, le coût d’incarcération pour les personnes
incarcérées au niveau provincial (sentences de 2 ans moins 1
jour) s’élevait à
166 $ / jour en 2009, soit 60 590 $ par année.
Au
total, près de 3 milliards $ par année sont dépensés pour le
fonctionnement du système correctionnel au Canada, soit près
de 100 $ par habitant.
« Les
dispositions prévoyant des peines minimales obligatoires
d’emprisonnement de longue durée sont susceptibles d’entraîner des
dépenses considérables » 2
Il est
largement prouvé que l’augmentation du temps d’incarcération
ne contribue
d’aucune façon à réduire la criminalité. Il en coûte
beaucoup moins cher d’investir dans la prévention de la
criminalité et la réinsertion sociale des personnes
contrevenantes, mesures qui contribuent réellement à réduire
le taux de criminalité.
Abolition du temps double : 87 M$
Questionné par les journalistes, le ministre
fédéral de la Sécurité publique continue de taire le prix
que coûte le durcissement des sentences imposé par son
gouvernement. Faut-il s’en étonner?
À elle seule, la loi mettant fin au temps
double pour la détention préventive (pratique de multiplier
par deux le temps passé en détention durant l’attente de son
procès) coûtera minimalement 87 millions $. Ces 87,2 M$3
serviront notamment à l’installation d’unités
« temporaires » pour loger les personnes contrevenantes.
Dans son discours devant l’Association
canadienne des policiers, le ministre Vic Toews a admis
qu’il faudra agrandir les prisons et, par conséquent,
augmenter le budget des Services correctionnels.
Pourtant, lors de l’entrée en vigueur de la
mesure, en février 2010, on affirmait qu’il n’était pas
« dans les plans » de construire des pénitenciers, les
établissements actuels n’étant pas remplis à pleine
capacité.
L’incarcération à un prix.
Au Québec, malgré l’ajout de 324 places
temporaires dans le réseau correctionnel, le problème de
surpopulation dans nos prisons demeure entier. Pourtant, la
criminalité est en baisse constante depuis vingt ans. Il en
aura coûté plus de 38 M$ aux contribuables.
Au total, le plan québécois d’infrastructures
carcérales aura coûté à terme plus de 500 M$, en plus
d’engendrer une dépense additionnelle récurrente de 20 M$
par année par l’ajout de 338 places dans le réseau.
Des sanctions autres que l’incarcération
peuvent être imposées par les juges pour les personnes qui
ne représentent pas une menace à la sécurité de la
population. La preuve de leur efficacité n’est plus à
faire. Elles doivent être utilisées.
L’acharnement idéologique du gouvernement
conservateur à vouloir imposer la « ligne dure » ne
contribue d’aucune façon à améliorer la sécurité de la
population.
« Les
politiques de justice pénale fondées sur la croyance selon laquelle une
" ligne dure " permet de réduire la récidive ne sont pas appuyées par
des données empiriques. » 4
Sources :
Statistique Canada. LANDRY, Laura & Maire
Sinha. « Les services correctionnels pour adultes au Canada,
2005-2006. » dans Juristat, Vol. 28, nº6, Statistique
Canada, Ottawa, 2008.
Ministère de la Sécurité publique du Québec.
Statistiques correctionnelles.
1:
Vic Toews, cité par
La Presse canadienne.
19 avril 2010.
2 :
GABOR, Thomas & CRUTCHER, Nicole.
Les effets des peines minimales obligatoires
sur la criminalité, la disparité des peines et les dépenses
du système judiciaire,
Ministère de la Justice du Canada, 2002. )
3 :
DE GRANDPRÉ, Hugo.
« Fin
du temps compté en double: une facture de 87 millions »,
dans
La Presse,
09 mars 2010.
4 :
SMITH, Paula
et al.
Effets de l’incarcération et des sanctions
intermédiaires sur la récidive : effets généraux et
différences individuelles,
Ministère de la Sécurité publique du Canada, 2002.
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