|
GDDDQ Menu










Groupe de défense
des droits des détenuEs de Québec
570, rue du Roi
Québec (Québec)
G1K 2X2
Téléphone:
418-522-4343
514-954-9471
819-779-1281
Télécopieur :
418-522-4343
Courriel :
info@gdddq.org
|
|

Voilà maintenant trente ans que le Groupe de
défense des droits des détenus de Québec existe. Ce n’est pas rien.
Trente années de lutte, trente années de soutien et
d’aide aux citoyens qui se retrouvent incarcérés et souvent désabusés face à un
système carcéral souvent complexe. Trente ans où, à la mesure de nos
ressources, nous tentons de sensibiliser la population à la réalité du milieu
correctionnel et de combattre les trop nombreux mythes et préjugés qui entourent
le système carcéral et la criminalité.
Quel sera l’avenir
des services correctionnels dans trente ans? Que pouvons nous faire pour améliorer le système
judiciaire et carcéral afin de viser une réelle lutte à la criminalité? Il ne
manque pas d’idées pour y arriver et souvent, elles sont beaucoup plus simples
que l’on pourrait croire.
Et si on laissait la
parole aux personnes qui vivent l’incarcération?
Dans le cadre des activités
entourant le trentième anniverssaire de l'organisme en 2007, le GDDDQ a demandé
aux personnes incarcérées de l'Établissement de détention de Québec d'exposer
leur vision de l'avenir des services correctionnels du Québec et
des solutions qui pourraient être mise de l'avant afin d'améliorer la réhabilitation.
Parmi l'ensemble des
textes que nous avons reçu, notre équipe a sélectionné les 30 meilleures idées.
Le choix fut difficile puisque plusieurs autres idées auraient tout autant pu se
retrouver dans cette liste. Peut-être y trouverons-nous certaines
solutions?
À Noter : Les idées ne
sont pas présentées par ordre d’importance. Les propos ont été recueillis lors
du concours Idées d’avenir : la prison de 2037, réalisé au printemps 2007
auprès des personnes incarcérées de l’Établissement de détention de Québec.
| |
|
|
|
 |
Je crois qu’en 2037, il y
aura moins de prison parce que la société aura comprit que les
mesures punitives ont peu d’effets sur la résolution de la
criminalité. On aura plus de mesures de transitions, de programmes
et de thérapies.
Jonathan Chicoine |
 |
Si le détenu était orienté dès son
arrivée ici à travailler sur ses comportements (drogue, alcool ou
violence) il y aurait un changement de 90% d’amélioration dans
l’institution carcérale.
Présentement on est laissé à nous seuls ce qui n’est pas bon. On
reste dans le passé, violence, consommation et autre, parce que rien
n’est offert présentement.
Détenue anonyme |
 |
La prison du futur devrait axer
l’effort sur les problèmes qui ont emmené le délinquants en prison,
c'est-à-dire un psychiatre ou psychologue pour une personne qui a
été incarcérée
pour des dossiers de drogues ou violence, car ce n’est pas en les
enfermant que vous protégez la société,
vous n’entretenez que leur haine envers le système.
Steve Vaillancourt |
 |
La prison de 2037 devrait
voir le détenu (e) comme un être humain, non comme un numéro. Elle
devrait, selon moi, favoriser la formation académique ainsi que
l’expérience de travail en détention.
Yann Castonguay |
 |
La prison du futur devrait selon moi
être axée sur la réinsertion sociale des détenus. Elle devrait
favoriser les études et l’évolution du détenu. Par exemple,
centres de thérapies,
psychologues, psychiatres, etc. Par la suite les détenus devraient,
s’ils n’ont pas de métiers ou d’emplois intéressants, prendre des
cours.
Sacha LeTourneux |
 |
Le milieu carcéral en 2037 doit
évoluer et nous aider davantage car on nous dit durs et parfois
violents, mais
personne ne sait vraiment ce qu’il y a en dedans. Plusieurs ont
essayé d’y entrer en vain, personne n’a encore découvert la clé.
Nous sommes tous la main tendue, mais de moins en moins on nous
écoute.
Jean-Marc Simard |
 |
Je trouve que l’on est
laissé trop à nous même. Souvent ceux qui sont aux prises avec des
troubles psychiatriques sont souvent suicidaires et cela est mon
cas. Je trouve que mettre quelqu’un dans une salle capitonnée avec
rien c’est le pire châtiment car il pense encore plus à se suicider.
Pour éviter les tentatives de suicide et les idées noires, il
devrait y avoir des activités thérapeutiques comme l’écriture, le
dessin, la relaxation, la danse, le chant, bref des activités pour
changer les idées.
Emilie Bouchard |
 |
Si on se fie aux coupures
qu’il y a à mesure que le temps avance, ça regarde mal pour 2037.
Mes idées pour le futur seraient que plutôt que de juste enfermer
les détenus, on pourrait essayer de régler leurs problèmes. Par
exemple, introduire des thérapies à l’intérieur des murs, pour tout
genre de problèmes, drogues, violence, pédophilie, etc. Si ces
problèmes pouvaient se régler à l’intérieur des murs, peut-être que
ça diminuerait le risque de récidive.
Marie Deschênes |
 |
Que les prisons
provinciales ne soient jamais occupées au-delà de leur capacité
maximale.
Marc-Antoine Gagné |
 |
Si on avait des programmes
comme dans les prisons fédérales des thérapies pour prévenir la
toxicomanie, l’alcoolisme, la violence et les vols [..] on voudrait
améliorer le service de l’infirmerie pour que le docteur vienne
trois fois par semaine au lieu d’une fois. Avoir des visites
contact avec nos familles.
Mario Tessier |
 |
Le mot « prison » à mon
avis aurait dû (ou devrait) être rayé du dictionnaire depuis
plusieurs années. Il serait temps que l’on transforme la « prison »
en « Centre de réhabilitation sociale ». Je vois la perspective de
l’an 2037 comme un établissement ou les individus fonctionnant mal
dans la société apprennent à trouver leur place dans une
collectivité où les gens sont productifs, aidant ainsi toute la
société. Par exemple, nous pourrions donner des sentences
d’apprentissage de métier, soit à l’extérieur, dans des entreprises
déjà établies, afin de découvrir en chaque individu un talent à
mettre en valeur, l’initier à trouver un plaisir à son existence, un
joie de vivre ou encore un but à atteindre.
Gilles Daigle |
 |
Un plus vaste éventail de
possibilité de travail dans les murs, que les visites contacts
soient disponibles, ainsi que les amis visiteurs.
Marc-Antoine Gagné |
 |
Nous sommes en l’an 2037.
Par le passé nous enfermions les gens qui commettaient des crimes,
on les privait de temps fructueux, qui ne rapportait rien et qui
n’était sûrement pas dissuasif. Aujourd’hui en 2037, le temps
d’incarcération est devenu du temps productif. Chaque individu qui
doit effectuer une sentence doit occuper son temps de détention soit
en retournant aux études pour terminer un diplôme, soit par
l’apprentissage de différents métiers ou encore par du travail à
accomplir chez différents entrepreneurs à l’extérieur […] Maintenant
les personnes apprennent différentes compétences et peuvent ainsi
s’exécuter dans différents emplois. Le moral devient meilleur et
les dépressions chez les personnes incarcérées sont de moins en
moins fréquentes.
Richard Filgback |
 |
Les gens qui travaillent à
l’intérieur de l’établissement de détention sont mis en valeur,
beaucoup plus qu’autrefois, ils se sentent
plus utiles,
donc une meilleure performance s’en suit.
Roger Fortin |
 |
Premièrement, un esprit bien occupé
ne pense point au vice. Donc, donner la possibilité aux personnes
incarcérées de pouvoir s’instruire, acquérir des aptitudes qui
l’aideront dans l’obtention d’un éventuel travail ou formation lors
de sa réhabilitation. Permettre et même obliger les personnes à
trouver diverses solutions à leurs problématiques qui les
ont menées à une
période d’incarcération. Leurs donner des ressources tels
psychologues, psychiatres, orienteurs, intervenants sociaux, offrir
des formations professionnelles ou autres qui les aideront à
acquérir une certaine fierté.
Yannick Paul Dorisca-Guay |
 |
Je crois sérieusement qu’il serait
préférable d’instruire la communauté carcérale. J’imagine que
l’insertion de
programmes de formation collégiale
et universitaire serait essentielle.
Dominic Delisle |
 |
Ça prend une prison pas
juste pour punir mais pour prévenir le crime.
Christian Roger |
 |
Ce qui serait approprié dans les
évènements de suicide : avoir
du soutien psychologique
au centre même. Quand on nous rencontre pour savoir si on est
suicidaire, on ne leur dit pas car on ne veut pas aller au
capitonné.
Denis Jr Touzin |
 |
Le but du centre de
détention serait de soigner les détenus s’ils ont des troubles
(alcool, drogues, sexe, violence, argent, etc.). Ensuite leur donner
une formation avec un suivi et de l’aide à l’emploi pour favoriser
un retour mieux adapté dans la société pour éviter les rechutes et
les récidives.
Sacha LeTourneux |
 |
Que chaque cour qu’on nous
donne (toxico, tremplin, guitare, informatique, compétence
parentale, violence, soit plus long qu’une fois par semaine
pendant trois semaines
Denis Jr Touzin |
 |
Que les personnes
psychiatrisées ne soient admises que dans des établissements équipés
pour leurs besoins et un suivi plus humain des personnes en détresse
Marc-Antoine Gagné |
 |
Pour ce qui est des
détenus avec des charges de violence, il devrait exister des
programmes internes pour les aider et les préparer à leur sortie
selon les normes des libérations conditionnelles. Présentement, ils
sont laissés à eux-mêmes à faire leur temps plein.
Jean-Pierre Serre |
 |
Il ne faut pas que les détenus
restent à rien faire. Je pense que le problème de
récidive est dû au fait
que les détenus ne font rien. Il faut les faire bouger, les faire
travailler sur eux mêmes ou
physiquement.
Jean-François Guy |
 |
Donner la chance à tout le monde de
pouvoir travailler et s’impliquer. Des gens comme moi aimeraient
pouvoir profiter de ce privilège même si le dossier est « épais ».
Si la prison ne fait pas confiance aux détenus à dossier
violent pour travailler
et bien qui nous fera confiance dans la société?
Jean-Pierre Serre |
 |
Nous avons même la
capacité d’évoluer dans nos prisons en 2037. Nous pouvons aussi
compléter des études, mêmes universitaires, ce qui ne se faisait pas
il y a trente ans.
André Giguère |
 |
Les prisons de 2037
seraient des endroits privilégiés pour la réhabilitation et la
réinsertion sociale. Une remise en question complète du système
carcéral s’impose.
Yves Tousilnant |
 |
On devrait mettre à la
disposition du détenu un orienteur, un psychologue, un travailleur
social, un médecin en santé mentale et physique pour une évaluation
complète et individuelle des individus (cas par cas). Après on
pourrait le diriger vers ce qui est bon pour lui selon ses
aptitudes, ses qualités et ses besoins. La communauté s’en
porterait beaucoup mieux.
Yves Tousilnant |
 |
Ce que le détenu a besoin
c’est de trouver la réponse pour ne pas revenir ici.
Anonyme |
 |
Il serait grand temps de
faire un virage humain, donc psychologique, dont les effets seraient
certes plus efficaces, notamment à long terme. […] Il est impératif
de soutenir le besoin d’un personnel qualifié sur place et, surtout,
disponible. Ce rapport psychologique et altruiste entre les
individus devrait également être possible et jugé primordial chez
les agents correctionnels, puisqu’ils deviennent simultanément notre
lien de confiance, nos « thérapeutes », nos guides, notre ressource
de premier plan, notre souffle parfois même. […] L’idée de revoir
en entier le milieu carcéral et la justice qui lui est liée devrait
s’avérer capital à la fois pour les détenus eux-mêmes et pour la
population qui envisage d’une perception bien fréquemment erronée le
portrait global d’une personne incarcérée, de la fonction de la
détention et du succès de ses alternatives.
Détenue anonyme |
 |
Il devrait y avoir des
activités sociales avec des gens de l’extérieur.
Claude Poulin |

|