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Groupe de défense des droits des détenuEs de Québec

 

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Québec (Québec)

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Voilà maintenant trente ans que le Groupe de défense des droits des détenus de Québec existe.  Ce n’est pas rien.

Trente années de lutte, trente années de soutien et d’aide aux citoyens qui se retrouvent incarcérés et souvent désabusés face à un système carcéral souvent complexe.  Trente ans où, à la mesure de nos ressources, nous tentons de sensibiliser la population à la réalité du milieu correctionnel et de combattre les trop nombreux mythes et préjugés qui entourent le système carcéral et la criminalité.

Quel sera l’avenir des services correctionnels dans trente ans?  Que pouvons nous faire pour améliorer le système judiciaire et carcéral afin de viser une réelle lutte à la criminalité?  Il ne manque pas d’idées pour y arriver et souvent, elles sont beaucoup plus simples que l’on pourrait croire.

Et si on laissait la parole aux personnes qui vivent l’incarcération? 

Dans le cadre des activités entourant le trentième anniverssaire de l'organisme en 2007, le GDDDQ a demandé aux personnes incarcérées de l'Établissement de détention de Québec d'exposer leur vision de l'avenir des services correctionnels du Québec et des solutions qui pourraient être mise de l'avant afin d'améliorer la réhabilitation. 

Parmi l'ensemble des textes que nous avons reçu, notre équipe a sélectionné les 30 meilleures idées.  Le choix fut difficile puisque plusieurs autres idées auraient tout autant pu se retrouver dans cette liste.  Peut-être y trouverons-nous certaines solutions?

À Noter : Les idées  ne sont pas présentées par ordre d’importance.  Les propos ont été recueillis lors du concours Idées d’avenir : la prison de 2037, réalisé au printemps 2007 auprès des personnes incarcérées de l’Établissement de détention de Québec.

       

Je crois qu’en 2037, il y aura moins de prison parce que la société aura comprit que les mesures punitives ont peu d’effets sur la résolution de la criminalité. On aura plus de mesures de transitions, de programmes et de thérapies.

Jonathan Chicoine

Si le détenu était orienté dès son arrivée ici à travailler sur ses comportements (drogue, alcool ou violence) il y aurait un changement de 90% d’amélioration dans l’institution carcérale. Présentement on est laissé à nous seuls ce qui n’est pas bon. On reste dans le passé, violence, consommation et autre, parce que rien n’est offert présentement.

Détenue anonyme

La prison du futur devrait axer l’effort sur les problèmes qui ont emmené le délinquants en prison, c'est-à-dire un psychiatre ou psychologue pour une personne qui a été incarcérée pour des dossiers de drogues ou violence, car ce n’est pas en les enfermant que vous protégez la société, vous n’entretenez que leur haine envers le système.

Steve Vaillancourt

La prison de 2037 devrait voir le détenu (e) comme un être humain, non comme un numéro.  Elle devrait, selon moi, favoriser la formation académique ainsi que l’expérience de travail en détention.

Yann Castonguay

La prison du futur devrait selon moi être axée sur la réinsertion sociale des détenus.  Elle devrait favoriser les études et l’évolution du détenu.  Par exemple, centres de thérapies, psychologues, psychiatres, etc.  Par la suite les détenus devraient, s’ils n’ont pas de métiers ou d’emplois intéressants, prendre des cours.

Sacha LeTourneux

Le milieu carcéral en 2037 doit évoluer et nous aider davantage car on nous dit durs et parfois violents, mais personne ne sait vraiment ce qu’il y a en dedans.  Plusieurs ont essayé d’y entrer en vain, personne n’a encore découvert la clé.  Nous sommes tous la main tendue, mais de moins en moins on nous écoute.

Jean-Marc Simard

Je trouve que l’on est laissé trop à nous même.  Souvent ceux qui sont aux prises avec des troubles psychiatriques sont souvent suicidaires et cela est mon cas.  Je trouve que mettre quelqu’un dans une salle capitonnée avec rien c’est le pire châtiment car il pense encore plus à se suicider. Pour éviter les tentatives de suicide et les idées noires, il devrait y avoir des activités thérapeutiques comme l’écriture, le dessin, la relaxation, la danse, le chant, bref des activités pour changer les idées.

Emilie Bouchard

Si on se fie aux coupures qu’il y a à mesure que le temps avance, ça regarde mal pour 2037.  Mes idées pour le futur seraient que plutôt que de juste enfermer les détenus, on pourrait essayer de régler leurs problèmes.  Par exemple, introduire des thérapies à l’intérieur des murs, pour tout genre de problèmes, drogues, violence, pédophilie, etc.  Si ces problèmes pouvaient se régler à l’intérieur des murs, peut-être que ça diminuerait le risque de récidive.

Marie Deschênes

Que les prisons provinciales ne soient jamais occupées au-delà de leur capacité maximale.

Marc-Antoine Gagné

Si on avait des programmes comme dans les prisons fédérales des thérapies pour prévenir la toxicomanie, l’alcoolisme, la violence et les vols [..] on voudrait améliorer le service de l’infirmerie pour que le docteur vienne trois fois par semaine au lieu d’une fois.  Avoir des visites contact avec nos familles.

Mario Tessier

Le mot « prison » à mon avis aurait dû (ou devrait) être rayé du dictionnaire depuis plusieurs années.  Il serait temps que l’on transforme la « prison » en « Centre de réhabilitation sociale ».  Je vois la perspective de l’an 2037 comme un établissement ou les individus fonctionnant mal dans la société apprennent à trouver leur place dans une collectivité où les gens sont productifs, aidant ainsi toute la société.  Par exemple, nous pourrions donner des sentences d’apprentissage de métier, soit à l’extérieur, dans des entreprises déjà établies, afin de découvrir en chaque individu un talent à mettre en valeur, l’initier à trouver un plaisir à son existence, un joie de vivre ou encore un but à atteindre.

Gilles Daigle

Un plus vaste éventail de possibilité de travail dans les murs, que les visites contacts soient disponibles, ainsi que les amis visiteurs.

Marc-Antoine Gagné

Nous sommes en l’an 2037.  Par le passé nous enfermions les gens qui commettaient des crimes, on les privait de temps fructueux, qui ne rapportait rien et qui n’était sûrement pas dissuasif.  Aujourd’hui en 2037, le temps d’incarcération est devenu du temps productif.  Chaque individu qui doit effectuer une sentence doit occuper son temps de détention soit en retournant aux études pour terminer un diplôme, soit par l’apprentissage de différents métiers ou encore par du travail à accomplir chez différents entrepreneurs à l’extérieur […] Maintenant les personnes apprennent différentes compétences et peuvent ainsi s’exécuter dans différents emplois.  Le moral devient meilleur et les dépressions chez les personnes incarcérées sont de moins en moins fréquentes. 

Richard Filgback

Les gens qui travaillent à l’intérieur de l’établissement de détention sont mis en valeur, beaucoup plus qu’autrefois, ils se sentent plus utiles, donc une meilleure performance s’en suit.

Roger Fortin

Premièrement, un esprit bien occupé ne pense point au vice.  Donc, donner la possibilité aux personnes incarcérées de pouvoir s’instruire, acquérir des aptitudes qui l’aideront dans l’obtention d’un éventuel travail ou formation lors de sa réhabilitation.  Permettre et même obliger les personnes à trouver diverses solutions à leurs problématiques qui les ont menées à une période d’incarcération.  Leurs donner des ressources tels psychologues, psychiatres, orienteurs, intervenants sociaux, offrir des formations professionnelles ou autres qui les aideront à acquérir une certaine fierté.

Yannick Paul Dorisca-Guay

Je crois sérieusement qu’il serait préférable d’instruire la communauté carcérale.  J’imagine que l’insertion de programmes de formation collégiale et universitaire serait essentielle.

Dominic Delisle

Ça prend une prison pas juste pour punir mais pour prévenir le crime.

Christian Roger

Ce qui serait approprié dans les évènements de suicide : avoir du soutien psychologique au centre même.  Quand on nous rencontre pour savoir si on est suicidaire, on ne leur dit pas car on ne veut pas aller au capitonné.

Denis Jr Touzin

Le but du centre de détention serait de soigner les détenus s’ils ont des troubles (alcool, drogues, sexe, violence, argent, etc.). Ensuite leur donner une formation avec un suivi et de l’aide à l’emploi pour favoriser un retour mieux adapté dans la société pour éviter les rechutes et les récidives.

Sacha LeTourneux

Que chaque cour qu’on nous donne (toxico, tremplin, guitare, informatique, compétence parentale, violence,  soit plus long qu’une fois par semaine pendant trois semaines

Denis Jr Touzin

Que les personnes psychiatrisées ne soient admises que dans des établissements équipés pour leurs besoins et un suivi plus humain des personnes en détresse

Marc-Antoine Gagné

Pour ce qui est des détenus avec des charges de violence, il devrait exister des programmes internes pour les aider et les préparer à leur sortie selon les normes des libérations conditionnelles.  Présentement, ils sont laissés à eux-mêmes à faire leur temps plein.

Jean-Pierre Serre

Il ne faut pas que les détenus restent à rien faire.  Je pense que le problème de récidive est dû au fait que les détenus ne font rien.  Il faut les faire bouger, les faire travailler sur eux mêmes ou physiquement.

Jean-François Guy

Donner la chance à tout le monde de pouvoir travailler et s’impliquer.  Des gens comme moi aimeraient pouvoir profiter de ce privilège même si le dossier est « épais ».  Si la prison ne fait pas confiance aux détenus à dossier violent pour travailler et bien qui nous fera confiance dans la société?

Jean-Pierre Serre

Nous avons même la  capacité d’évoluer dans nos prisons en 2037.  Nous pouvons aussi compléter des études, mêmes universitaires, ce qui ne se faisait pas il y a trente ans.

André Giguère

Les prisons de 2037 seraient des endroits privilégiés pour la réhabilitation et la réinsertion sociale.  Une remise en question complète du système carcéral s’impose.

Yves Tousilnant

On devrait mettre à la disposition du détenu un orienteur, un psychologue, un travailleur social, un médecin en santé mentale et physique pour une évaluation complète et individuelle des individus (cas par cas).  Après on pourrait le diriger vers ce qui est bon pour lui selon ses aptitudes, ses qualités et ses besoins.  La communauté s’en porterait beaucoup mieux.

Yves Tousilnant

Ce que le détenu a besoin c’est de trouver la réponse pour ne pas revenir ici.

Anonyme

Il serait grand temps de faire un virage humain, donc psychologique, dont les effets seraient certes plus efficaces, notamment à long terme.  […] Il est impératif de soutenir le besoin d’un personnel qualifié sur place et, surtout, disponible.  Ce rapport psychologique et altruiste entre les individus devrait également être possible et jugé primordial chez les agents correctionnels, puisqu’ils deviennent simultanément notre lien de confiance, nos « thérapeutes », nos guides, notre ressource de premier plan, notre souffle parfois même.  […] L’idée de revoir en entier le milieu carcéral et la justice qui lui est liée devrait s’avérer capital à la fois pour les détenus eux-mêmes et pour la population qui envisage d’une perception bien fréquemment erronée le portrait global d’une personne incarcérée, de la fonction de la détention et du succès de ses alternatives.

Détenue anonyme

Il devrait y avoir des activités sociales avec des gens de l’extérieur.

Claude Poulin

 

 

 

 

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 © Groupe de défense des droits des détenuEs de Québec / Mise à jour : 25 February 2010